Publié le 03 mar. 2021

Et si l'autonomie au travail faisait réussir la transition énergétique ?

Surmonter la crise du COVID et réussir la transition énergétique ne passeront que par des innovations de rupture et une transformation des entreprises. Or la bureaucratisation des entreprises est en augmentation galopante depuis plusieurs décennies. Cela empêche ces mêmes entreprises de développer l’autonomie de leurs employés ; condition première pour répondre à ces enjeux cruciaux. L’exemple de Schneider Electric nous montre qu’une stratégie d’entreprise basée sur la quête de sens et l’engagement permet de mobiliser cet organisme vivant qu’est l’entreprise.

La bureaucratie tue la création de valeur ajoutée

La bureaucratie en entreprise a été multipliée par 35 ces soixante dernières années. Le plus inquiétant est que cette bureaucratie s’accompagne, sur cette même période, d’une division par 10 des gains de productivité (1). L’innovation technologique ainsi que les opérations d’optimisation que développent les entreprises servent davantage à endiguer cette complexité bureaucratique qu’à réellement créer de la valeur.

Une division
par 10 des gains de productivité

Il apparait donc crucial que ces entreprises se débureaucratisent. D’une part, il faut qu’elles simplifient leur chaine de valeur.
D’autre part, il faut qu’elles se considèrent en tant que système ou organisme vivant au sein duquel les individus sont en constante interaction.

La cause profonde de cette situation est l’infantilisation des individus ainsi que la quête perpétuelle de résultats, de rendement, de productivité … Or les individus en tant que professionnel ont besoin de se raconter, de penser pourquoi ils agissent comme ils agissent. Cependant les modèles managériaux de ces entreprises bureaucratisées ont tendance à oublier cette dimension du travail.

Les individus ont « une demande de vérité. Ils sont prêts à écouter ce qu’on leur dit s’ils sont convaincus qu’il y a une épaisseur de vérité mais ils perçoivent que ce qu’on leur dit dans le monde professionnel n’a pas cette épaisseur », comme nous l’indique Raphaël Liogier, Professeur des universités à Sciences Po Aix-en-Provence et chercheur invité à la Columbia University de New York.

L'engagement et la responsabilité, source de performance économique

L’exemple de Schneider Electric nous montre qu’une stratégie d’entreprise basée sur la vérité, le sens et l’engagement peut s’avérer propice au développement d’un modèle économique durable.

Schneider Electric a en effet été considérée comme l’entreprise du CAC 40 ayant le meilleur impact positif par l’agence de notation Impak Finance ; ceci est notamment du au fait qu’elle a aligné sa politique environnementale et sociale sur les Objectifs de Développement Durable tels que définis par les Nations-Unis. De plus, 90% de sa recherche et développement est consacrée à la transformation bas carbone et numérique

Le chiffre d'affaires de Schneider Electric a été multiplié par 3 en cinq ans

Cet engagement paie puisque Schneider Electric a vu son chiffre d’affaires multiplié par 3, en 5 ans, et elle montre une belle capacité de résilience depuis la crise du COVID

Vers des pratiques managériales d'autonomisation

Les pratiques managériales qui favorisent la bureaucratisation de l’entreprise ne permettent pas de répondre aux enjeux d’innovation et de renouvellement de l’expertise. Les experts ont pour mission de produire de la connaissance et de conseiller les prises de décision des managers. Ils doivent explorer de nouveaux domaines de connaissance afin d’augmenter le potentiel d’innovation de rupture. Or le mode de fonctionnement des entreprises bureaucratisées ne permet pas de redéfinir la place et le rôle des experts dans les stratégies d’innovation.

De même, ces pratiques managériales ne sont pas propices à une transformation collective de l’entreprise. L’utilisation des méthodes agiles, par exemple, se limite trop souvent aux programmes des DSI. Or ces méthodes sont très efficaces dans tous les domaines de l’organisation. On parle alors d’agilité à l’échelle qui correspond à la mise en place d’un cadre pour faire travailler plusieurs équipes agiles ensemble. Ces méthodes sont destinées à rendre autonomes les équipes opérationnelles et à abandonner les chaines de validation ; ceci dans une logique de pluridisciplinarité, de prise en compte des feedbacks des clients, de focalisation sur la valeur ajoutée et de satisfaction d’objectifs communs.

Nous le voyons ici, l’entreprise pour se transformer doit engager une réflexion sur son engagement et le sens de sa mission. Ceci constitue un point d’ancrage fort pour mobiliser les énergies d’un organisme vivant tel que l’est l’entreprise. L’innovation tout comme la transformation nécessitent de favoriser l’autonomie des individus pour qu’ils soient les premiers acteurs de ces enjeux cruciaux et la solution pour surmonter les difficultés économiques actuelles.


Par David Lambert
Fondateur et Directeur de Denow
Créateur de la méthode ZENI™