Pourquoi la transition énergétique sera t’elle un échec ?

Par David Lambert

Fondateur & Directeur DENOW
Septembre 2020

Le pilotage des réseaux d’énergie remis en cause

Les énergies renouvelables contrairement aux énergies fossiles ne proviennent pas de points centralisés d’acheminement mais se trouvent réparties sur le territoire en une multitude de points de production. Chaque producteur injecte l’énergie produite dans les réseaux de transport ou de distribution.

Cela implique pour les opérateurs de réseaux d’être en mesure d’accueillir la production d’énergie qualifiée en phase de conception et d’en permettre sa consommation sur la zone géographique concernée.


Un équilibre offre vs demande d’énergie fragile

Cette recherche de l’équilibre entre l’offre d’énergie et sa demande nécessite de régler le flux soit en identifiant les paramétrages optimaux de sa répartition sur une zone géographique, soit en la reliant à une zone adjacente augmentant ainsi le potentiel de consommation de la production, soit enfin en repoussant l’excédent de production vers un autre réseau (de la distribution vers le transport, par exemple).

Concernant le premier point, cette tâche s’avère de plus en plus difficile dès lors que le nombre de points de production devient important et que la météo devient imprévisible. Concernant les deuxième et troisième points, il s’agit ici de concéder à de lourds investissements financiers pour adapter des réseaux saturés.

Une autre difficulté réside dans l’utilisation en phase de conception de modèles théoriques basés sur des données anciennes et disparates ce qui engendre, dès lors que les points de production sont en service, une relation offre vs demande potentiellement différente que celle imaginée.


D’un mode statique à un mode dynamique de gestion des réseaux d’énergie

La gestion de l’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie qu’impose la transition énergétique nécessite donc de passer d’un mode statique de conception et d’exploitation des réseaux à un mode dynamique basé sur une évaluation en temps réel de la capacité des réseaux à absorber les productions multiples par des consommations de plus en plus fluctuantes.

L’enjeu est de disposer des bonnes informations à la fois sur les caractéristiques techniques des réseaux, les niveaux de consommation et de production, les évènements survenant sur les ouvrages tels que les incidents et les travaux ; ceci afin de disposer d’une vision en temps réel utile pour concevoir l’intégration de nouveaux projets de production et exploiter de façon plus optimale les infrastructures techniques.

Or ces données sont éparpillées dans de nombreuses applications et manipulées par de nombreux services. Et, facteur aggravant, elles peuvent n’être disponibles que plusieurs semaines après la pose des nouveaux réseaux.

Concevoir et exploiter dynamiquement l’équilibre offre vs demande d’énergie impose des calculs pour simuler le comportement des réseaux. Ces calculs requièrent de s’appuyer sur des données quasi temps réel de qualité afin de constituer un véritable clone numérique des infrastructures physiques.


La méthode ZENI : maîtriser la circulation des données pour une gestion dynamique

La maîtrise de la gouvernance des données ; à savoir quel métier met à jour quelle donnée dans quelle application ; s’avère cruciale et demande de s’appuyer sur des méthodes d’analyse des processus opérationnels.

La méthode ZENI que j’ai créée après plusieurs années d’expérimentations auprès de grandes entreprises du secteur de l’énergie permet d’identifier le potentiel de digitalisation et de performance opérationnelle des entreprises et des organisations devant relever le défi de la transition énergétique et de son intensification.

L’enjeu est également humain puisque, derrière les ouvrages techniques et les données, il y a des femmes et des hommes qui font face à des manques d’informations ou d’outils pour atteindre du mieux possible cette équilibre offre vs demande d’énergie. Mais la transition énergétique n’en est qu’à ses débuts et, de ce fait, ne rien faire, c’est les faire évoluer dans une complexité fortement grandissante.

L’ambition de ZENI, qui signifie “qu’apportes-tu durablement au monde ?”, est de concevoir des organisations et des modes de fonctionnement qui permettent aux entreprises de réussir durablement leur transition énergétique.